Comité de Pilotage des projets d’appui à l’ANAFIC: une feuille de route 2026 alignée sur la transformation territoriale du pays (Discours)
Messieurs les DG de l’ANAFIC,
Mesdames et Messieurs les représentants des partenaires techniques et financiers,
Mesdames et Messieurs les membres du Comité de Pilotage,
Distingués participants,
Mesdames et Messieurs,
Nous ouvrons cette première session ordinaire du Comité de Pilotage du PAGL2 et du PANAFIC dans un contexte institutionnel et économique structurant pour notre pays.
L’année 2026 marque une étape charnière : celle de l’alignement progressif de l’ensemble des politiques publiques sectorielles avec le Programme Simandou 2040, cadre stratégique national de transformation structurelle.
Notre responsabilité aujourd’hui est claire : positionner la décentralisation comme levier opérationnel des cinq axes structurants de Simandou 2040.
Mesdames et Messieurs
Le Programme Simandou 2040 repose sur cinq axes stratégiques :
- Agriculture, industrie alimentaire et Commerce
- Education et Culture
- Infrastructures, Transport et Technologies
- Économie, finance et assurance
- Santé et bien-être
La question n’est donc plus seulement celle du financement des collectivités locales. Elle est désormais celle de leur intégration dans la chaîne nationale de production de valeur publique.
À ce titre :
- Le FNDL et le FODEL doivent devenir des instruments de territorialisation de l’investissement productif.
- Les Plans de Développement Local doivent s’aligner sur les corridors économiques, les zones d’industrialisation et les pôles de croissance.
- Les mécanismes de performance doivent intégrer des indicateurs mesurables en lien avec les axes Simandou.
L’ANAFIC n’est donc pas un simple gestionnaire de transferts financiers. Elle devient un outil de transformation territoriale.
Mesdames et Messieurs, chers membres du COPIL
L’examen du rapport d’activités 2025 devra être conduit selon trois critères :
- Taux d’exécution physique et financière
- Qualité des infrastructures livrées
- Impact socio-économique mesurable
Nous devons dépasser la logique d’absorption budgétaire pour entrer dans une logique d’efficacité territoriale.
Je souhaite que nos échanges mettent en lumière :
- Le niveau d’alignement des investissements locaux avec les priorités nationales ;
- Les délais moyens de passation et d’exécution ;
- Les écarts entre programmation et réalisation ;
- Les contraintes structurelles rencontrées.
Cette approche analytique est indispensable si nous voulons faire de la décentralisation un moteur crédible de transformation.
Le Programme de Travail et Budget Annuel 2026 doit clairement intégrer :
Axe Transformation économique
- Priorisation des infrastructures productives locales
- Soutien aux marchés, plateformes agro-industrielles, zones artisanales
Axe Capital humain
- Investissements dans l’éducation de base, la santé primaire
- Intégration de standards qualitatifs dans les équipements sociaux
Axe Infrastructures, transport et technologie (aménagement du territoire)
- Cohérence entre investissements locaux et schémas d’aménagement
- Résorption des disparités territoriales
Axe Gouvernance (Technologie)
- Digitalisation progressive des procédures
- Renforcement du contrôle interne et du contrôle citoyen
- Amélioration des mécanismes de redevabilité
Axe Développement durable (santé et bien-être)
- Intégration de critères de résilience climatique
- Gestion environnementale des projets financés
Le PTBA 2026 doit donc être présenté non seulement comme un budget annuel, mais comme une matrice d’alignement stratégique.
Messsierus les Directeurs de l’ANAFIC, chers membres du COPIL
La clôture du PANAFIC au 31 décembre 2025 constitue une étape institutionnelle importante.
L’enjeu désormais est double : capitaliser les acquis en matière de structuration administrative et préparer une nouvelle génération d’appui centrée sur la performance, la digitalisation et la territorialisation de Simandou 2040.
Nous devons engager une réflexion technique sur :
- L’autonomisation financière progressive des collectivités ;
- L’amélioration des mécanismes de mobilisation des ressources propres ;
- L’évaluation d’impact des fonds transférés.
Mesdames et Messieurs,
La décentralisation guinéenne entre dans une phase nouvelle. Elle ne peut plus être perçue uniquement comme un mécanisme administratif.
Elle doit devenir : un levier de croissance locale ; un instrument d’équilibre territorial ; un outil de réduction des inégalités spatiales, un vecteur de stabilité sociale.
Dans le cadre de Simandou 2040, chaque collectivité doit être capable de répondre à trois exigences :
- Planifier stratégiquement
- Exécuter efficacement
- Rendre compte de manière transparente
Notre session d’aujourd’hui doit produire des décisions claires, a l’effet de procéder a la Validation d’un PTBA réaliste et aligné, a l’adoption d’indicateurs de performance territoriale et a la mise en place d’un mécanisme renforcé de suivi-évaluation.
Nous avons l’opportunité de repositionner l’ANAFIC comme acteur central de la territorialisation du Programme Simandou 2040.
Permettez-moi d’exprimer, avec solennité et sincérité, notre profonde reconnaissance à l’Agence Française de Développement, dont l’accompagnement constant au cours de ces dernières années a contribué de manière décisive à faire de la décentralisation guinéenne non plus une ambition théorique, mais une réalité opérationnelle.
À travers le PANAFIC et son appui structurant, l’AFD a accompagné la consolidation institutionnelle de l’ANAFIC, renforcé ses capacités organisationnelles et soutenu la mise en place de mécanismes modernes de gestion et de financement des collectivités locales. Cet engagement a permis de faire de l’ANAFIC un instrument de référence , une véritable vitrine de l’action publique territoriale, garantissant transparence, efficacité et équité dans l’allocation des ressources destinées aux collectivités locales.
Je tiens également à saluer la Banque Mondiale pour son soutien continu à travers le PAGL2. Son engagement technique et financier constant témoigne de la confiance renouvelée qu’elle place dans la capacité de notre pays à renforcer la gouvernance locale et à promouvoir un développement territorial inclusif. Par son accompagnement méthodologique et ses exigences en matière de performance, la Banque Mondiale contribue activement à l’amélioration de la qualité des investissements locaux et à l’ancrage d’une culture de résultats.
Je voudrais enfin rendre un hommage appuyé aux plus hautes autorités de notre pays :
Son Excellence Monsieur le President de la republique, Chef de l’État, MD, dont la vision stratégique place la transformation structurelle et l’équité territoriale au cœur de l’action publique ;
Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, pour la coordination rigoureuse des réformes engagées ; et Monsieur le Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, pour son engagement constant en faveur d’une décentralisation effective, responsable et tournée vers les résultats.
Leur implication personnelle et institutionnelle crée le cadre politique et stratégique indispensable pour faire du développement à la base une priorité nationale, et pour permettre aux collectivités locales de jouer pleinement leur rôle dans la dynamique de transformation de notre pays.
C’est avec cette ambition technique, structurée et responsable que je déclare ouverts les travaux de la session ordinaire du Comité de Pilotage des projets d’appui à l’ANAFIC (PAGL2 et PANAFIC) pour l’exercice 2026.
Je vous remercie.



