Gestion intégrée des paysages dégradés: des impacts durables attendus pour les communes rurales de Guinée
La mission de supervision et d’appui technique conduite par l’ANAFIC et la FAO dans 13 communes rurales marque une étape décisive vers des impacts environnementaux, économiques et sociaux durables, au bénéfice direct des communautés locales.
En Guinée Forestière et en Haute Guinée, la dégradation des terres et la déforestation ont longtemps fragilisé les systèmes agricoles et les moyens de subsistance des populations rurales. À travers le projet de gestion intégrée des paysages dégradés, mis en œuvre avec l’appui de la FAO, l’Agence Nationale de Financement des Collectivités Locales (ANAFIC) amorce un changement structurel dont les impacts attendus sont majeurs.
Le premier impact concerne la planification locale. Grâce à la mission de supervision et d’appui technique menée dans treize communes rurales, les activités de gestion durable des terres, de restauration des paysages et de promotion de systèmes alimentaires sans déforestation sont désormais intégrées dans les Plans de Développement Local (PDL) et les Programmes Annuels d’Investissement (PAI). Cette intégration garantit que les investissements communaux futurs prendront en compte la protection des ressources naturelles et la résilience climatique.
Sur le plan environnemental, le projet vise des résultats mesurables : 150 000 hectares de terres couvertes par des plans de gestion intégrée du paysage, 10 000 hectares restaurés et 10 000 hectares bénéficiant de pratiques de l’agriculture durable améliorées. À long terme, ces actions devraient permettre d’atténuer plus de 6 millions de tonnes équivalent CO₂ sur une période de 20 ans, contribuant ainsi aux engagements climatiques de la Guinée.
Les impacts sont également économiques et sociaux. En promouvant des pratiques agricoles durables, notamment dans les filières du riz et de l’huile de palme, le projet ambitionne d’améliorer la productivité des terres, de sécuriser les revenus agricoles et de réduire les conflits liés à l’utilisation des ressources naturelles. À terme, 30 000 personnes, dont 15 000 femmes, devraient bénéficier directement des retombées du projet.
Enfin, le renforcement des capacités des acteurs locaux constitue un impact structurant. Les agents communaux, services techniques déconcentrés et leaders communautaires disposent désormais d’une meilleure maîtrise des outils de planification et de mise en œuvre des actions environnementales. Cette appropriation locale est la clé de la durabilité du projet et de sa possible réplication dans d’autres communes du pays.
Au-delà des chiffres, le projet de gestion intégrée des paysages dégradés ouvre la voie à un nouveau modèle de développement rural, où protection de l’environnement, sécurité alimentaire et amélioration des conditions de vie avancent de concert.